Un employeur désigne un salarié pour devenir Sauveteur Secouriste du Travail. Ce dernier n’a pas envie de porter cette responsabilité supplémentaire, ou simplement ne se sent pas à l’aise avec cette perspective. Peut-il refuser ? La question revient régulièrement, aussi bien du côté des employeurs qui hésitent à imposer ce rôle, que des salariés qui se demandent s’ils sont réellement libres de dire non.
Chez SECUREO, former les Sauveteurs Secouristes du Travail fait partie de notre métier, et cette question de la désignation nous est régulièrement posée. Voici ce que dit le droit sur ce sujet et comment aborder cette question sereinement en entreprise.
Le principe : un rôle qui repose sur le volontariat
Devenir Sauveteur Secouriste du Travail n’entre, dans l’immense majorité des cas, ni dans les tâches définies par le contrat de travail du salarié, ni dans les fonctions habituelles de son poste. Aucun texte n’oblige un salarié à accepter ce rôle : la désignation repose en principe sur le volontariat, ou à défaut sur une concertation entre l’employeur et le salarié concerné.
Cette approche n’est pas qu’une question de droit : c’est aussi une question d’efficacité. Une équipe de SST composée de volontaires impliqués fonctionne mieux qu’une équipe désignée sous la contrainte, où l’engagement réel fait souvent défaut au moment où il compte le plus.
Un refus peut-il être sans conséquence ?
Le cas le plus fréquent : aucun lien avec le poste
La réponse mérite d’être nuancée. Lorsque le rôle de SST n’a manifestement aucun lien avec les tâches prévues par le contrat de travail du salarié, ce dernier peut refuser sans que ce refus constitue, en principe, un manquement à ses obligations professionnelles. C’est le cas le plus fréquent en entreprise.
Le cas plus délicat de l’organisation des secours
La situation devient plus délicate lorsque l’employeur désigne un salarié dans le cadre de l’organisation des secours qu’il doit légalement mettre en place, en particulier si la formation est directement justifiée par les risques identifiés dans l’entreprise et proposée dans des conditions raisonnables. Dans ce contexte plus spécifique, un refus sans motif légitime pourrait, selon les circonstances, être questionné par l’employeur, sans pour autant que la jurisprudence établisse une obligation générale et automatique d’accepter.
Pourquoi privilégier le volontariat, y compris côté employeur ?
Imposer la formation SST sans l’accord du salarié expose l’employeur à un risque de contestation, surtout lorsque le rôle ne relève manifestement pas des tâches liées à son contrat de travail. Au-delà du risque juridique, l’expérience de terrain confirme qu’une désignation imposée produit rarement de bons résultats : un SST peu motivé s’implique moins dans le maintien de ses compétences et réagit avec moins d’assurance le jour où un accident du travail survient réellement.
C’est pourquoi la pratique recommandée, largement partagée par les professionnels de la prévention, consiste à privilégier des salariés volontaires, quitte à ce que l’équipe de SST soit légèrement plus réduite que l’effectif théorique idéal, mais réellement engagée.
Comment susciter des vocations plutôt qu’imposer un rôle ?
Plutôt que de désigner d’autorité, de nombreuses entreprises gagnent à expliquer concrètement ce qu’implique le rôle de SST, ses apports en compétences personnelles autant que professionnelles, et la valeur qu’il représente pour l’ensemble de l’équipe. Cette pédagogie, associée à une reconnaissance réelle du rôle, transforme souvent des réticences initiales en engagements volontaires, y compris face à des situations aussi impressionnantes qu’un arrêt cardiaque.
Cette approche rejoint plus largement notre conviction sur la culture sécurité en entreprise : une adhésion réelle des salariés produit des résultats plus durables qu’une contrainte imposée sans explication.
Structurer votre organisation de secours avec SECUREO
Au-delà de la question du volontariat individuel, l’entreprise reste tenue de garantir une organisation des secours conforme à son obligation de secourisme, avec un nombre suffisant de SST réellement disponibles. Nous accompagnons les entreprises dans cette double exigence : respecter le volontariat des salariés tout en garantissant une couverture réelle de leurs besoins de secourisme.
Notre formation Sauveteur Secouriste du Travail s’adresse à des salariés volontaires, dans une logique d’engagement plutôt que de contrainte, cohérente avec l’esprit du rôle.
Questions fréquentes sur le refus de devenir SST
Un salarié peut-il refuser de devenir SST ?
Oui, dans l’immense majorité des cas, aucun texte n’oblige un salarié à accepter ce rôle, qui ne relève généralement pas des tâches prévues par son contrat de travail.
L’employeur peut-il imposer la formation SST à un salarié ?
Cela reste juridiquement fragile, surtout si le rôle n’a aucun lien avec les tâches du poste. La pratique recommandée consiste à privilégier le volontariat plutôt que la désignation d’autorité.
Comment une entreprise peut-elle constituer une équipe de SST efficace ?
En expliquant clairement le rôle et son intérêt, en s’appuyant sur des salariés volontaires, et en reconnaissant leur engagement, plutôt qu’en imposant ce rôle sans concertation.
Ce qu’il faut retenir
Devenir Sauveteur Secouriste du Travail repose, dans l’immense majorité des cas, sur le volontariat du salarié, faute de lien direct avec son contrat de travail. Un refus n’est généralement pas fautif, et imposer ce rôle sans accord expose à des difficultés, tant juridiques que pratiques. Le bon réflexe pour l’employeur n’est pas de désigner d’autorité, c’est de susciter l’engagement volontaire de ses équipes.
Votre entreprise dispose-t-elle d’une équipe de SST réellement volontaire et engagée ? Parlons-en : contactez SECUREO pour former vos salariés volontaires au secourisme.