Combien d’équipiers de première intervention faut-il désigner dans une entreprise ? C’est une question que se posent de nombreux responsables sécurité, souvent en espérant une réponse chiffrée simple. Comme pour d’autres dimensionnements de sécurité, la réalité est plus nuancée : il n’existe pas de ratio légal fixe applicable uniformément à toutes les entreprises.
Chez SECUREO, notre formation équipier de première intervention (EPI) et notre accompagnement au dimensionnement de ce dispositif font partie de notre métier. Voici comment raisonner pour déterminer le bon nombre d’EPI pour votre structure.
Qui sont les équipiers de première intervention ?
L’équipier de première intervention est un salarié formé spécifiquement à la manipulation des moyens d’extinction et à la conduite à tenir en cas de début d’incendie. Il constitue le premier maillon opérationnel entre la simple détection d’un feu naissant et l’intervention des secours extérieurs, en agissant rapidement pour circonscrire le sinistre tant qu’il en est encore temps.
Cette formation dépasse la sensibilisation générale attendue de tout salarié : elle apporte une connaissance approfondie du matériel, des risques spécifiques de l’entreprise et des procédures d’intervention et de coordination avec l’évacuation.
Pourquoi il n’existe pas de nombre légal fixe ?
Le Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour que tout début d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu, sans fixer de ratio précis d’équipiers par nombre de salariés ou par surface de locaux. Cette absence de chiffre unique reflète la diversité des situations : une petite structure de bureaux n’a pas les mêmes besoins qu’un atelier industriel multi-sites fonctionnant en équipes successives.
C’est donc à l’employeur, dans le cadre de son évaluation des risques consignée dans le document unique, de déterminer le nombre d’EPI adapté à sa configuration et de le justifier au regard des risques réels identifiés dans son entreprise.
Les critères pour dimensionner son équipe d’EPI
Plusieurs éléments structurent ce dimensionnement.
Locaux et nature des risques
- la taille et la configuration des locaux, notamment le nombre de niveaux et de bâtiments distincts ;
- la nature des risques, identifiée dans le document unique d’évaluation des risques.
Horaires et répartition géographique
- les horaires et l’organisation du travail, en particulier la présence d’équipes successives ou de travail de nuit ;
- la présence effective des équipiers désignés, pour garantir qu’au moins l’un d’entre eux soit toujours disponible pendant les heures d’ouverture ;
- la répartition géographique, dans le cas d’une entreprise disposant de plusieurs sites ou bâtiments.
Prévoir un seul équipier pour toute l’entreprise revient, en pratique, à n’avoir aucune couverture dès qu’il est absent, en congés ou affecté à une autre tâche au moment du sinistre. Un dimensionnement réaliste anticipe ces absences, à l’image de ce que suppose la présence continue d’un secouriste dans l’entreprise.
Adapter le dispositif aux horaires atypiques
Un point souvent négligé concerne les horaires décalés : équipes de nuit, travail posté, week-ends. Un dispositif d’EPI concentré uniquement sur les horaires de bureau classiques laisse ces périodes sans couverture, alors que le risque incendie ne disparaît pas en dehors des heures ouvrées habituelles.
Le dimensionnement doit donc intégrer cette dimension temporelle, en s’assurant qu’un équipier formé reste mobilisable à chaque créneau d’activité de l’entreprise, pas seulement pendant les horaires les plus fréquentés.
Documenter son choix dans le document unique
Comme pour d’autres dimensionnements de sécurité, le nombre d’EPI retenu gagne à être objectivé et documenté, notamment dans le document unique d’évaluation des risques. Cette formalisation permet de justifier le choix effectué en cas de contrôle, et surtout, de revoir régulièrement ce dimensionnement à mesure que l’entreprise évolue : croissance des effectifs, nouveaux locaux, changement d’organisation.
Cette logique rejoint celle que nous développons dans notre article sur l’obligation de secourisme de l’employeur, où le même principe de dimensionnement adapté aux risques réels s’applique.
Former et dimensionner votre dispositif avec SECUREO
Nous accompagnons les entreprises dans la formation de leurs équipiers de première intervention et dans le dimensionnement de ce dispositif, adapté à la configuration réelle de leurs locaux et de leur organisation. Nous intervenons notamment à Lyon et à Saint-Étienne.
Cet accompagnement s’articule avec nos formations à l’évacuation, pour une réponse cohérente face au risque incendie, de la première intervention jusqu’à l’évacuation complète des locaux si nécessaire.
Un exemple concret : 23 équipiers formés en une journée
Au centre aquatique Le Point d’Eau, à La Louvière en Belgique, nous avons ainsi formé 23 collaborateurs en une journée à la fonction d’équipier de première intervention. Reconnaissance des pictogrammes, déclenchement de l’alarme, gestion de l’alerte, intervention sur un départ de feu et évacuation générale : couvrir toute cette chaîne suppose un effectif suffisant pour qu’aucun maillon ne reste vacant.
Questions fréquentes sur le nombre d’EPI dans une entreprise
Existe-t-il un nombre légal d’EPI obligatoire par entreprise ?
Non, il n’existe pas de ratio légal fixe. Le Code du travail impose une obligation générale de sécurité, dont le dimensionnement se détermine selon les risques réels identifiés dans le document unique.
Comment déterminer le bon nombre d’équipiers ?
En croisant la taille des locaux, la nature des risques, l’organisation des horaires et la nécessité qu’un équipier soit toujours disponible, y compris en cas d’absence de l’un d’entre eux.
Faut-il des EPI pour les horaires de nuit ou de week-end ?
Oui, le dimensionnement doit couvrir l’ensemble des créneaux d’activité de l’entreprise, pas seulement les horaires de bureau classiques.
Ce qu’il faut retenir
Il n’existe pas de chiffre unique d’équipiers de première intervention à prévoir dans une entreprise : ce dimensionnement dépend de la taille des locaux, de la nature des risques et de l’organisation des horaires. Ce choix doit être objectivé dans le document unique et anticiper les absences pour garantir une couverture réelle. Le bon réflexe n’est pas de reproduire un chiffre entendu ailleurs, c’est d’analyser les besoins propres à votre entreprise.
Votre dispositif d’équipiers de première intervention est-il réellement dimensionné pour couvrir tous vos horaires ? Parlons-en : contactez SECUREO pour former et dimensionner vos équipes.